Un devis de création de site s’arrête à la mise en ligne. C’est logique, et c’est trompeur : le jour de la livraison n’est pas la fin des dépenses, c’est le début d’un coût récurrent que peu de prestataires chiffrent à l’avance.
Voici les quatre postes, et ce qui se produit quand ils ne sont pas prévus.
L’hébergement
Le poste le plus visible, et souvent le plus mal dimensionné dans les deux sens.
Un hébergement mutualisé à quelques euros par mois convient à un site vitrine sans trafic notable. Il devient un plafond dès qu’une application manipule des fichiers, envoie des courriels en volume ou exécute des tâches en arrière-plan — trois besoins que le mutualisé encadre strictement.
À l’inverse, un serveur dédié pour un site qui reçoit deux cents visiteurs par jour est une dépense sans contrepartie. Le bon dimensionnement se décide sur les usages, pas sur le prestige de l’infrastructure.
Ce qui coûte réellement dans un hébergement infogéré, ce n’est pas la machine : c’est l’exploitation.
Les mises à jour
C’est le poste que les clients contestent le plus, et le seul qui ne se négocie pas.
Un socle applicatif reçoit des correctifs de sécurité toute l’année. Ses dépendances aussi. Une faille publiée sur une bibliothèque très répandue est exploitée automatiquement dans les jours qui suivent, par des robots qui balaient le web sans choisir leurs cibles.
Un site sans mise à jour pendant dix-huit mois n’est pas un site qui a économisé : c’est un site dont la remise à niveau coûtera plus cher que les mises à jour évitées, parce que les versions successives se rattrapent d’un coup.
Les sauvegardes
Sauvegarder est facile. Restaurer est le vrai sujet.
Une sauvegarde utile suppose trois choses : qu’elle soit automatique, qu’elle soit stockée ailleurs que sur le serveur sauvegardé, et qu’une restauration ait été testée. Le troisième point est presque toujours absent.
Une sauvegarde jamais restaurée n’est pas une sauvegarde : c’est une hypothèse. Nous testons les nôtres périodiquement, sur un environnement isolé, parce que c’est le seul moyen de savoir combien de temps prend un retour en arrière — information qu’on n’a pas envie de découvrir le jour de l’incident.
La surveillance
Savoir que le site est tombé avant que le client ne l’apprenne par un appel.
Cela suppose peu de choses : une vérification régulière de la disponibilité, une alerte en cas d’échec, et un relevé des erreurs applicatives. L’essentiel n’est pas l’outil mais l’existence d’un destinataire — une alerte envoyée à une adresse que personne ne lit ne sert à rien.
Ce que nous mettons dans un contrat
Un contrat de maintenance sérieux décrit ce qui est couvert et, surtout, ce qui ne l’est pas. Chez nous : mises à jour du socle et des dépendances, correctifs de sécurité, sauvegardes vérifiées, surveillance, et un volume d’heures pour les évolutions courantes.
Ce qui n’y est pas : les nouvelles fonctionnalités, qui font l’objet d’un chiffrage à part. Un contrat qui promet « les évolutions » sans les borner finit toujours en désaccord, et le désaccord se règle au détriment de la relation.
L’ordre de grandeur
Le budget récurrent d’un site se situe généralement entre 10 % et 20 % de son coût de création, par an. En dessous, quelque chose n’est pas couvert — le plus souvent les mises à jour, parce que c’est le poste invisible tant qu’il ne se passe rien.